Chemin de croix
Le chemin de croix a été construit vers 1950 par le Père Marcenac, curé de Nieudan et Saint Victor. Pendant plusieurs mois, il venait chaque après-midi, utilisait les pierres de shiste trouvées sur place, avec l'aide des agriculteurs qui lui montaient en tracteur les sacs de ciment.
une vue étrange de Saint Victor
Au centre, l'église de Saint Victor. Cette vue ne serait plus possible aujourd'hui, en raison de la poussée des bois.
saint victor colorisé
Carte postale années 30, on voit encore le préau de l'école à droite, avant qu'il soit démoli. La photo a été colorisée avec tous les toits rouges, qui évoquent plus un paysage italien que l'austérité de la Haute-Auvergne!
le luxe sauvage
La toilette au ruisseau: le comble du luxe. Merci à la Communauté de Communes du canton de La Roquebrou, de laquelle dépend Saint Victor. En refusant notre projet d'installation d'une fosse septique, elle nous permet de renouer avec les joies simples et les souvenirs d'enfance. On descend par le vieux chemin qui mène à Aleix, la serviette sous le bras, le ruisseau ménage de petites plages de pierres polies par les eaux. Comme le ruisseau contourne presqu'entièrement la colline, quelque soit l'heure, on arrive à trouver un coin ensoleillé, c'est le Paradis.
Évidemment, on peut sourire. Ni le Presbytère, ni la Mairie, ni l'école de Saint Victor n'ont jamais été dotées d'aucune installation d'assainissement. Des générations de curés, de maires, d'écoliers et d'instituteurs s'y sont succédés, sans que quiconque s'inquiète des évacuations d'eau.
Et voilà qu'une famille achète ces maisons. Elle choisit une entreprise bien connue sur la place, et dépose son projet à la Communauté de Communes, sans jamais imaginer qu'il puisse être refusé, compte tenu de la configuration particulière du lieu, inaccessible, rocheux et fragile.
Et le projet est retoqué. Bienvenue dans le Cantal, ses grands espaces, ses églises romanes, ses pierres de volcan, ses appellations fromagères, ses vaches rouges et son accueil légendaire.
Donc retour au ruisseau. L'eau y est transparente, la température tonique, le cadre enchanteur. C'est le luxe de la simplicité. Les pieds sur les cailloux, le courant qui gazouille, on peut rêver à un monde idéal, où la politique serait au service de l'homme. Le taux de chômage n'a jamais été aussi élevé, on ne sait pas comment on va pouvoir payer les retraites de ceux qui y ont cotisé, les entreprises quittent le pays, mais on continue à faire fonctionner des usines à gaz qui mettent des bâtons dans les roues à l'initiative privée. A la limite, cela pourrait se comprendre si la Communauté de Communes finançait en partie les fosses septiques, mais pas du tout, elle se contente de donner des mauvais points.
Vive le Cantal! Car il y a heureusement dans ce pays des gens qui s'accrochent, comme nous les pieds dans l'eau du ruisseau de Braulle.
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